Bibliothèque numérique patrimoniale
SID Université Grenoble Alpes - Grenoble INP

Recherche approfondie

Accueil > 1788 en Dauphiné (suite)

1788 en Dauphiné (suite)

La Délibération de Grenoble du 14 juin était un appel aux villes et communautés du Dauphiné, à s’associer à la contestation par des supplications respectueuses au roi et par l’envoi de députés à Grenoble à l’Assemblée des Etats du Dauphiné. L’Arrêt du Conseil du 20 juin cassait cette délibération en interdisant les Assemblées, mais elle était soutenue par un grand nombre de propagandistes (maires, avocats, procureurs au Parlement, curés) qui usaient de leur influence et de leur autorité pour gagner les couches les plus pauvres. Certains nobles répondirent aussi à l’appel de Grenoble, comme dans Les Protestations remises à Mr le Maréchal de Vaux, par les gentilshommes de Dauphiné.… où une cinquantaine de nobles demandèrent au tout nouveau remplaçant de Clermont-Tonnerre de transmettre au roi leur protestation contre l’interdiction de se réunir et le témoignage de leur respect et leur fidélité au monarque qui avait pris ces décisions par manque d’information sur leurs conséquences.

L’inefficacité de la politique du gouvernement – alternance de rigueur et de conciliation - à faire renoncer à l’Assemblée des Etats poussa le pouvoir royal à autoriser cette réunion qui se tiendra le 21 juillet, non pas à Grenoble, mais à Vizille. Cette assemblée reprit en les détaillant les revendications de la Délibération de Grenoble et décida de se réunir périodiquement jusqu’au retrait des Edits de mai. Le 25 août, la noblesse se réunit à Grenoble et dans son discours, un de ses membres appela ses pairs à respecter leurs engagements de gentilshommes en participant aux diverses assemblées pour infléchir la politique royale. Ces engagements furent confirmés dans la Copie de la lettre écrite par MM. les commissaires de l'ordre de la noblesse, aux officiers municipaux des chefs-lieux des elections.

Des trois revendications du 14 juin, la seule à ne pas avoir été satisfaite, le retour du Parlement, fut finalement accordée début octobre. Pour son retour, le Premier Président Bérulle fut escorté et fêté sur tout son parcours et accueilli triomphalement à Grenoble. Le 20 octobre, ce fut la rentrée du Parlement de Dauphiné accueillie par divers discours et compliments adressés au Parlement de Dauphiné, à l'occasion de son heureux retour, dont celui de Mounier. La ville était en fête : fontaines de vin, illuminations, feu d’arti­fice, musique et chansons comme L'heureux retour du Parlement : chanson patriotique. Mais ce n’était qu’un chant du cygne : le Parlement du Dauphiné sera supprimé en 1790 comme tous les autres et ses derniers présidents (Bérulle père et fils) seront exécutés en 1794.

Cette année 1788 fut capitale pour le Dauphiné. Les dauphinois fiers de leurs succès se verront comme un exemple pour les autres provinces, au point de proposer un projet de constitution dans Essai sur la nature des instructions qui peuvent être données par la province de Dauphiné à ses députés aux prochains Etats-Généraux.

Références bibliographiques :

Le Parlement de Dauphiné et les affaires publiques dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle / par Jean Egret. - Grenoble ; Paris : Arthaud, 1942
H5040/1 et 2
Les Débuts de la Révolution française en Dauphiné : 1788-1791 / Bernard Bonnin, Robert Chagny, Gérard Chianéa, Vital Chomel... ; textes réunis et présentés par Vital Chomel. - Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 1988
ZB415612
Dauphiné, France : de la principauté indépendante à la province : XIIe-XVIIIe siècles / contributions réunies par Vital Chomel ; C. Mazard, H. Falque-Vert, V. Chomel... ; cartes historiques par Nora Esperguin. - Grenoble : Presses universitaires de Grenoble, 1999
944.48 DAUP

Pour aller plus loin….
Musée de la Révolution française
Portail:Révolution française
D'autres documents numérisés concernant ce sujet sont disponibles sur les sites de Gallica et de Internet Archive